Sélection naturelle

Le concept darwinien de sélection naturelle est rarement compris, ou souvent caricaturé.

La théorie de l’évolution explique que les êtres vivants subissent des mutations au fil du temps, et que ces mutations vont être sélectionnées à travers les générations : grossièrement, celles qui présentent un désavantage évolutionnel vont disparaître, et celles qui présentent un avantage vont se transmettre.

C’est ainsi que les espèces, et les races au sein des espèces, se forment, partant d’un même ancêtre commun. Tout ceci est matérialisable par des arbres, mais il est compliqué de les schématiser avec précision puisque nous retrouvons très peu de squelettes ou de fossiles, et que les races ont un caractère nébuleux : elles peuvent se métisser selon les invasions, et aboutir à toutes sortes de nuances.

La caricature de la sélection naturelle consiste à croire que pour qu’un caractère acquis par mutation disparaisse, il faut que ses porteurs meurent en une génération à cause de ce caractère qui les aura perdus. C’est une conception très enfantine des choses. En réalité, un caractère qui disparaît peut n’empêcher en rien la survie de l’être vivant, mais peut par exemple :

  • être un désavantage au long terme sur plusieurs générations.
  • être un désavantage collectif pour le groupe humain, la famille qui possède ce caractère, sans être un handicap individuel.
  • ne pas survivre à un métissage avec des êtres n’ayant pas ce caractère : certains caractères sont des combinaisons rares de l’expression de plusieurs gènes, donc à moins d’avoir des grossesses incestueuses, ces combinaisons ne survivent pas au remélange des gènes du descendant.
  • l’empêcher de se reproduire : malformation, faible fertilité ou bien handicap trop lourd pour survivre tout en élevant correctement autant d’enfant qu’un être qui n’a pas ce problème. Le simple fait d’avoir peu d’enfants par rapport aux autres va mener petit à petit à la disparition du caractère handicapant.
  • être un désavantage pour la reproduction des hommes uniquement, ce qui fera que le caractère disparaîtra au fil des générations par accouplement successifs avec des mâles n’ayant pas ce caractère, jusqu’à ce qu’il disparaisse. On estime que dans le passé, seuls 20% des hommes transmettaient leurs gènes avant que le récent communisme sexuel permette à tout homme même génétiquement malsain d’avoir une chance de se reproduire avec une femme attribuée par les normes sociales.

La sélection naturelle s’opère sur les individus, mais aussi sur les groupes humains. Un être vivant individualiste, querelleur et débrouillard aura davantage de chances de survivre seul dans la jungle qu’un individu docile, travailleur et faible, mais c’est le groupe qui aura de plus grandes chances de maîtriser son environnement. La sociabilité des individus et leur capacité à travailler ensemble sont donc des facteurs déterminants dans la survie d’un groupe humain : les êtres humains individualistes, incapables de fonctionner en groupes plus grands que des tribus, se sont fait soumettre tout au long de l’Histoire par des individus sociables comprenant les valeurs de la hiérarchie et de la chaîne de commandement.

C’est pourquoi il est très limité de percevoir comme dominant le trait de caractère “chef de village qui s’énerve facilement” quand ce même trait de caractère a bloqué l’Afrique à l’âge de pierre. Ce qui est perçu comme dominant aujourd’hui, c’est en fait les caractères individuels et non la force du groupe, ce qui est une aberration puisque l’homme est un animal social, et la dominance se mesure à la force du groupe que l’individu peut espérer commander. Une homme volubile, hystérique et autoritaire pourra ainsi régner sur une tribu, mais pas sur un groupe humain plus grand, au risque de se heurter à des troubles internes dus à son style de commandement.

Enfin, la dominance n’est pas forcément un critère de survie : les cimetières sont remplis de chefs et de héros qui ne se sont pas ou trop peu reproduits. L’homme étant un animal social, il doit être jugé en tant que groupe et non pas juste en tant qu’individu figé.